Patrick Ledrunotes de voyage
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Acte
1. Scène 1. Tout commence soft par une rencontre avec un colonel en tong et en
short en train de jouer au billard. Un coup de fil du conseiller de l’ambassade
via son interprète et a priori, moyennant une leçon de morale, des regrets
exprimés et une amende évaluée à 40 000 Tugrug par personne, on devrait
pouvoir reprendre notre travail. J’appelle alors le conseiller pour lui dire
que les choses se règlent à l’amiable. Mais en fait, rien n’est réglé et
lorsque le chef colonel arrive, celui rencontré la veille par Yannick et le
chauffeur, la tension est palpable. On est reçu cette fois dans son bureau et
le ton est très offensif. Tuya m’exprime la grande fâcherie du colonel L.
B. Pas question d’accepter notre argent, il nous avait refusé la
permission d’y accéder hier et nous étions là pour une autre raison que la
recherche scientifique et ils sauront bientôt quoi… Pas possible d’en savoir
plus sur le coup mais nous sommes en fait soupçonnés d’espionnage ou de trafic
d’arme. Il ne veut pas nous laisser partir tant qu’un responsable de notre
entreprise ne viendra pas pour expliquer avec un interprète officiel notre
présence dans ce secteur…
Acte
1, Scène 2. Je rappelle alors le conseiller pour lui dire que les choses se
compliquent. Et commence alors une succession d’appels téléphoniques qui durera
à peu près une demi heure, il appelle, on l’appelle sur son portable, sur son
fixe, sur son téléphone-fax… Parmi ceux-ci, probablement un venant d’un
supérieur de l’armée qui lui demande de relâcher la pression et de trouver une issue
honorable pour tout le monde (j’avais presque le sentiment de comprendre le
mongol…). Au fur et à mesure, il enlève ses lunettes de soleil, se fait servir
un verre de lait de jument fermenté, sourit, me regarde, prend ma carte de
visite entre ses doigts et finalement me demande de m’asseoir près de lui afin
d’avoir un interprète officiel qui traduise mes réponses à ses questions.
Acte
1, Scène 3. Commence alors un trilogue surréaliste pendant lequel j’explique
que nous parcourons la Mongolie depuis 15 jours du Sud au Nord, que l’on étudie
les événements qui se sont produits à la limite Jurassique Crétacé, et que la
Mongolie est un territoire exceptionnel pour ce type d’étude. Que les études en
géologie nécessitent de constituer des équipes avec des représentants de
différents instituts. Que nous n’avions pas l’intention d’aller à l’encontre de
sa décision et que notre bonne foi est attestée par le fait que nous nous
sommes présentés de nous même à la ville de Tushig. Et que l’on regrette
vraiment d’avoir ainsi enfreint les règles de la Mongolie.
Epilogue
de l’acte 1 : le colonel se met devant la carte affichée au mur et nous
montre la limite de cette zone interdite (que rien ne marque sur le terrain au
demeurant…, aucun panneau, aucune barrière…). Et Tushig se trouve effectivement
à la limite de la zone interdite. On se rassoit à table et il me propose de me
servir en bombons dans la bonbonnière… Non merci, je prendrai juste un verre
d’eau…
Acte
2, Scène 1. Arrive en scène, E. A., senior officer, responsable de
l’immigration et des douanes à la gare de Suhbaatar. Il parle bien anglais et
est habilité à percevoir l’amende à laquelle on est revenue pour nous libérer.
Il me sort un papier en anglais qui explique qu’enfreindre les lois de
l’immigration coutait une amende de 100 000 à 1 000 000 Tugrug, soit de 60
à 600 €. Et il m’annonce la somme de 1 000 000 Tugrug pour tout le monde.
Je lui dit que nous n’avons que 500 000 Tugrug, ce sur quoi il me dit pas
de problème, faites vous transférer de l’argent de votre compagnie. A quoi je
réponds qu’il peut faire preuve d’une certaine souplesse vu notre bonne foi et
la finalité désintéressée de nos travaux, il descend alors à 800 000
Tugrug, en me disant que c’est l’amende minimale de 100 000 par personne
et quand je lui fais remarquer que seuls 7 passeports sont concernés, il
accepte finalement 700 000. Je tente de le faire encore baisser mais
abandonne rapidement la négociation, estimant ne pas avoir trop mal négocié.
Acte
2, scène 2. « Suivez-moi dans mon bureau pour établir les amendes ».
Je salue alors le colonel et vais avec le senior officer dans son bureau à la
gare. Il commence alors à photocopier passeports et visas pendant que Yannick
rassemble la somme de 700 000 Tugrug. Il me pose des questions sur notre
collègue qui est depuis un an, sur ce qu’il fait en Mongolie, pour qui il
travaille… La nature du minéral qu’il recherche étant stratégique, je l’informe
de ces questions et on arrivera à semer suffisamment de confusion entre les
failles de la limite Jurassique Crétacé, l’extinction des dinosaures, les
impacts de météorite et la signification des couleurs sur la carte géologique
pour que l’affaire soit classée sans suite…
Acte
2, scène 3. « Maintenant vous retournez à la caserne on va fouiller vos
véhicules ». « Ca va encore durer encore longtemps comme
ça ? » je me permets de lui demander. Il se marre : « non,
après vous êtes libres, on veut juste voir si vous transportez des
armes ». Ben tiens… On vide les deux voitures
derrière la caserne et la fouille commence. La valise de Gilles vidée… avec les
échantillons de roche et notamment de bois pétrifié. Il s’intéresse aux autres
échantillons et nous déclare que l’on n’a pas le droit de les emmener. Je lui
explique alors en lui jurant tous les saints que les douanes centrales doivent
donner leur avis avant toute sortie d’échantillons et qu’il n’a pas à
s’inquiéter, que tout sera fait suivant les règles. Il lâche alors le morceau,
comme si il avait décidé qu’il nous avait suffisamment taxé. Soudain un
cri : « chef venez voir » (je ne me rappelle plus l’intonation
en mongole…) : le fouilleur vient de tomber sur deux sets de boules de
pétanque. Alors, je ne résiste pas à l’anachronisme de lui proposer de faire
une partie avec moi… Ce que nous fîmes…
Epilogue
de l’acte 1. Finalement, il me demande combien de fois je suis venu en
Mongolie. Et si j’avais déjà eu des ennuis de ce type. « Généralement, ce
sont des problèmes de voiture, cette fois ce furent des problèmes de
frontières, on se reverra l’année prochaine et on ira faire un tour sur le
terrain, ensemble… »
On
quitte la ville à 15h00.
Nous partons vers la ville de Tushig. En arrivant à Tsagaanuur, le chauffeur demande à des paysans assis devant l’infirmerie du village si l’accès à la route pour aller à Tushig est autorisé. Réponse positive, confirmée un peu plus tard par Tuya consultée par Benoit, exacte à un détail près, que la limite de cette zone passe juste au sud de la ville et qu’en toute logique ce qui n’est pas à l’extérieur est à l’intérieur… En arrivant juste avant la ville, on décide de faire demi-tour et de travailler le long de la piste sur 3 zones d’affleurement qui nous ont paru intéressantes. Mais notre chauffeur juge qu’il vaut mieux aller se présenter en ville pour dire que l’on est venu… Erreur fatale, ce qui s’appelle aller se jeter dans la gueule du loup. D’autant que Gilles décide d’accompagner le chauffeur, et que sa présence attirera d’autant plus l’attention du maire, qui souhaitera avoir l’aval de la police… qui souhaitera avoir l’aval de l’armée… Ce qui fait qu’à midi, on se retrouve tous bloqués à Tushig devant le poste de police. Ce qui me permettra de découvrir la ville et de me faire un copain qui ne me lâche plus…
Benoit
et Nicolas nous rejoignent et finalement on est autorisé à repartir vers 14h00
en laissant le chauffeur Nicolas et Gilles pour attendre un militaire devant
arriver vers 17h00 susceptible d’apporter une autorisation de travailler dans
la zone. Les choses ne se dérouleront pas vraiment comme cela, le militaire en
question voulant en fait contrôler tout le monde et l’attitude peu coopérative
de Gilles ne l’encourageant pas à lâcher du lest. Bilan, nous pouvons faire la
coupe souhaitée le long de la route mais sommes tous convoqués le lendemain à
la caserne de Suhbataar…
On quitte Ullan Baatar à 7h00 et faisons un arrêt sur un affleurement étudié par Vincent il y a deux ans. Une histoire de faille, de rhyolite, de granite et de minéralisation Or… Cherchez la faille, la rhyolite et le granite, vous trouverez alors peut être de l’or…
En
arrivant à Suhbataar en fin de matinée, nous allons solliciter l’autorisation
de travailler dans la zone tampon à la frontière avec la Russie car nous
n’avions pas pu l’obtenir avant de partir d’Ullan Baatar pour cause de Naadam,
de voiture de location d’immatriculation inconnue… Sur place, à la mairie, nous
sommes reçus par un conseiller qui nous demande de revenir après la traduction
en mongol de la lettre de l’académie des Sciences qui introduit Yannick.
Effectivement, l’après midi, Yannick et Gilles, accompagnés du chauffeur,
obtiennent l’accord du conseiller. Toutefois celui-ci les envoie à la caserne
où ils essuient un refus auprès du colonel responsable du secteur (Gilles ne
sera toutefois pas autorisé à rencontrer le colonel). Gilles informe alors le
conseiller de l’ambassade de la situation qui conseille de tempérer… On décide
alors de ne pas aller dans la zone interdite et de se cantonner à la route qui
mène à Tushig.
On était venu pour lui... Déjà 10 jours sur le terrain et chaque jour on se disait que ce serait peut être pour demain. Ne plus trop espérer pour qu'un trop grand espoir ne porte pas la poisse. Laisser venir la "chose"... La chose, c'est simplement une faille de détachement. Pour les non spécialistes, disons que c'est une zone de faille de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur, relativement plate (plongeant d'une trentaine de degré), qui a la particularité de mettre en contact des roches qui normalement n'auraient pas du l'être. Disons aussi que c'est assez rare et que nous en avons découvert une au Nord de la Mongolie, datée de la limite Jurassique-Crétacé. Et que l'on a bati cette mission pour en retrouver d'autres. Jusqu'à ce jour, la glorieuse incertitude de la recherche, nous n'avons trouvé que des décrochements et des discordances mais pas de faille de détachement. La veille nous avions bien cru la toucher mais rien. Aujourd'hui, en fin de matinée, c'est Yannick qui en attrape la base. Au début, on reste prudent, "oui peut-être"... Superstition... Ne crions pas victoire trop vite, des fois que le cisaillement disparaitrait sous terre... Et puis au bout de quelques centaines de mètres, en descendant la vallée, la certitude vient. On l'a accroché. Regardez cette belle zone de faille... On félicite Yannick a qui revient le mérite d'avoir sélectionné cette zone potentielle. Et en nous, nous poussons un soupir de soulagement... la glorieuse incertitude de la recherche...
Le soir, on a un repas très détendu et bien arrosé, Yannick est heureux et j'ai droit à une douche spéciale, froide mais revigorante.
Nous allons faire un point d\'eau. Un troupeau est rassemblé, moutons, chevaux et chèvres. S\'affairent le chef de famille, à moto, un jeune homme qui dresse un cheval (regardez le film et la photo), un graçon qui donne à boire au troupeau et une petite bergère, que je surprends de loin avec une expression à la fois joueuse, naïve mais aussi étonnement sérieuse. Rien d\'autre à ajouter pour ce jour là, tout était là...
Journée de mouvement. Démontage des tentes et repliage des tentes Decathlon une seconde… Certains ont du y perdre la patience. Parce que pour les replier faut plus qu’une seconde… A trois blocs de neurones en grappe, on y arrive. Le soir, arrivée à Ayrmag. Une ville le long d’une voie ferrée, le long d’une ligne téléphonique et d’une ligne électrique. Des immeubles qui sont encore habités. C’est dimanche soir et pas mal de gens se promènent dans les rues. Les jeunes filles se sont faites belles et jouent à être des grandes. Le soleil se couche comme dans les road movies américains.
L’itinéraire
nous amène dans un endroit très particulier, des masses de granites sortent de
terre, faisant des masses de forme très suggestives. Elles sont découpées par
des fractures horizontales et l’érosion éolienne a entaillé les différentes niveaux
différentiellement, faisant apparaitre des personnages, des monstres, des
têtes, des visages surmontant des corps. De quoi inspirer un peuple porté sur
le spirituel et donner à ce lieu une valeur sacrée. D’autant que le paysage
tranche par sa verdure dans le désert de Gobi environnant. Un endroit unique,
ne figurant dans aucun guide touristique et pourtant d’une beauté surnaturelle
(ou presque…). Et dans ce monde
minéral, on rencontre une dame et ses deux enfants qui nous invite à
venir manger du yaourt dans la yourte. Délicieux et chaleureux. Vincent
fait cette photo, magnifique. Un monde de granite, mais pas seulement de granite.
En arrivant au village d'Altanshiree, nous découvrons une colline en relief, du quartz en blocs partout, avec des morceaux de fluorine donnant des couleurs violettes et vertes. J'ai le sentiment d'avoir déjà vu ce paysage, enfin disons ces photos. De la planète Mars... ou de Vénus, je ne me rappelle plus... Incroyable vision du désert à quartz.
Le beau temps est revenu. On ménage l’itinéraire pour notre chauffeur et on travaille le long d’un contact. Que l’on trouve assez facilement et que l’on suit assez bien. D’un coté, un vieil ensemble de roches basiques et granitiques datées probablement autour de 600 millions d’années, de l’autre un bassin Crétacé qui a vu s’esbaudir les dinosaures qui étaient abondants ici et dont les squelettes font la fortune des collectionneurs de fossiles (et de quelques trafiquants). Je me retrouve un moment avec Gilles sur un plateau absolument lunaire et majestueux, une vision que seule les grands déserts offrent.
Il
pleut sur le désert de Gobi. C’est rare, mais ça arrive On travaille sous la
pluie toute la matinée. Le chemin est assez difficile car on longe la colline
et on doit faire des détours pour passer les rivières qui sont parfois
entaillés en petits canyons. Ca donne quelques moments d’énervement de certains
qui ont un avis avisé sur le chemin qu’il vaut mieux prendre : redescendre
vers la vallée principale ou aller au pus près de la montagne… On fera les deux
sans que l’une ou l’autre des solutions s’impose… Le fait est que le soir, Sukh
Ochir, notre chauffeur, craque et demande une discussion avec nous et une
interprète. Il faut dire qu’en bon géologue, on ne communique pas trop sur le
programme des journées à venir, ne sachant pas trop ce qui nous attend sur le
terrain le jour même. Alors on prend le temps d’expliquer où l’on va et combine
de temps on va rester dans chaque lieu. Sukh se rassure peu à peu et reprend
confiance. Après une demi heure, on se serre la main et on se quitte avec un
grand sourire. J'ai le plaisir de travailler durant cette mission avce Denis, un collègue qui avait passé sa thèse à Rennes un an avant moi, en 1979... Pour la première fois, nous avons le plaisir de travailler ensemble.
On repart de l’hotel un peu avant 8h. Arrêt dans le village de Zun Bayan, où Benoit réside, dirigeant un chantier d’exploration. Un village comme beaucoup d’autres ici. Middle of nowhere… bout du monde… Avec des immeubles vides et des maisons rafistolées avec les matériaux récupérés des immeubles. Ca fait un peu champ de bataille.
Arrivée
au camp vers 10h30. Au milieu de nulle part dans le désert de Gobi, un village
de yourtes et des mobil homes pour le travail des équipes. Plus d’une vingtaine
de personnes, essentiellement mongoles, vivent là. Avec dans l’environnement,
trois compagnies de forages. On part sur le terrain et on trouve une belle
vallée que l’on remonte à pied. Une après midi de marche sous le soleil et avec
un vent très agréable. Gilles, surnommé le Chevalier Argon, part à l'assaut des dunes alors que le groupe est très studieux dans les gabbros cisaillés...
Journée de déplacement vers le sud de la Mongolie. On espérait partir à 8h, in partira à 12h30. Problèmes de voiture, de chauffeurs. On fera trois arrêts : le plein d’essence, une chambre à air de secours et finalement quelques bouteilles d’eau supplémentaires. La route passe de la steppe au désert progressivement, le ruban asphalté s’arrête et la piste commence. Et la nuit tombe. On arrive à Saynschand il est plus de 10h du soir et notre chauffeur doit faire réparer une roue. Pendant ce temps, après la palabre, on décide de dormir dans l’hôtel Shan Plaza. Négociation du prix et repas servi, très bon. Pas mal comme hôtel, sauf qu’il y a deux chambres avec 8 lits pour 10 personnes. Il y a eu visiblement un raté dans la négociation du prix. Finalement, ce seront Yannick et Nicolas qui dormiront par terre…
Première journée sur le terrain, à une heure de route d’Ulan Baatar. Sur le chemin, une statue géante de Gengis Khan. Au milieu de nulle part. Géante…, la voiture donne l’échelle. Faudra revenir quand elle sera terminée.
Le
soir, alors que j’allais manger avec Voncent, nous avons rencontré Jean Luc qui
nous a emmené à l’ambassade de France, fête nationale oblige. Une coupe de
champagne tiède, deus verres de vin rouge, et de la bonne nourriture, notamment
les petits gâteaux. Et la rencontre de quelques personnes : le
représentant d’Alcatel en Mongolie, dans ce pays depuis 15 ans, un jeune
entrepreneur en montage et démontage de boites de nuit, qui nous raconte la
virilité des rapports entre homme et femme, entre mongos et le reste du monde.
Et la top-mod mongole que je remarque de loin vu sa taille, bien sur
inaccessible et évanescente…
Journée de travail au bureau. Le bureau de COGEGOBI, la société franco-mongole, se situe à proximité de notre hôtel. La preuve, on voit l’appartement dans l’immeuble vert à gauche, troisième balcon en haut en partant de la gauche.
Ce
matin, Yannick nous réveille vers 10h pour aller assister à l’ouverture du
Naadam, la fête de 3 jours qui marque l’identité mongole. On se rend dans le stade
municipal et après avoir acheté des places, nous entrons. Il y a un défilé avec
des chevaux, des guerriers de Gengis Khan, des monstres chinois et des miss
Mongolie, un grand orchestre militaire, des officiels, une scène avec des
musiciens… Et un combat de lutteurs qui commencera à midi pétante pour se
terminer le lendemain soir. Les combats consistent à faire tomber l’opposant à
terre. Après sa victoire le lutteur lève les bras et fait quelques tours sur
lui-même pour marquer sa domination. La danse de l'aigle... Au début il y a une dizaine de combats
simultanément sur le stade. C’est assez coloré aussi… Regardez le film.
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